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Sécurité
3 novembre 2026

Sécuriser Chrome, Edge et Firefox en entreprise pour contrer les infostealers

Un infostealer ne chiffre rien : il vole en quelques secondes ce que votre navigateur a mémorisé pour vous — mots de passe, cookies de session, cartes bancaires. Voici comment durcir Chrome, Edge et Firefox par GPO avant qu'un poste personnel compromis n'expose vos accès professionnels.

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Un infostealer est un logiciel malveillant qui vole des données sur un poste plutôt que de les chiffrer comme le ferait un ransomware : il collecte et exfiltre en quelques secondes ce qui a de la valeur, puis disparaît. Les navigateurs sont sa cible de choix, parce qu'ils concentrent tout ce qu'un attaquant recherche : mots de passe enregistrés, cookies de session (qui permettent de rejouer une session déjà authentifiée, souvent sans jamais déclencher le MFA), données de saisie automatique, et extensions, en particulier les portefeuilles de cryptomonnaies. Des familles comme Lumma, RedLine, Vidar ou StealC sont diffusées dans un modèle de Malware-as-a-Service, ce qui en démocratise l'usage.

Le scénario de fuite le plus courant

Un collaborateur active la synchronisation de son compte personnel Google, Microsoft ou Mozilla sur son poste professionnel — souvent par simple confort. Ses identifiants professionnels se retrouvent alors synchronisés vers ce compte personnel. Si son ordinateur personnel, non géré par l'entreprise, est infecté, l'infostealer vide le navigateur dans son intégralité, et les identifiants professionnels partent avec le reste — pour être revendus ou directement réutilisés.

Chrome : les réglages prioritaires

Gestionnaire de mots de passe et saisie automatique — désactiver l'enregistrement des mots de passe ainsi que la saisie automatique des adresses et cartes de crédit.
Connexion et synchronisation — désactiver la connexion au navigateur, ou la restreindre aux comptes de l'entreprise, et exclure au minimum les mots de passe et la saisie automatique de toute synchronisation résiduelle.
Extensions — bloquer l'installation par défaut, puis autoriser explicitement, voire forcer, les seules extensions validées par l'entreprise.
Nettoyage à la fermeture et sessions — purger les mots de passe/identifiants à la fermeture du navigateur, et activer les protections de session les plus récentes (liaison des jetons à l'appareil, chiffrement lié à l'application).

Edge : les réglages prioritaires

Connexion maîtrisée plutôt que bloquée — si le SSO Entra ID dépend du profil connecté, forcer la connexion au compte professionnel et restreindre au domaine de l'entreprise plutôt que de tout bloquer.
Profils et mode invité — désactiver la création de profils supplémentaires et le mode invité, qui échappent facilement à la politique appliquée au profil principal.
Mots de passe, import et données — mêmes réglages que Chrome : gestionnaire désactivé, import désactivé, purge à la fermeture configurée.
Protections de session — isolation des processus activée, démarrage rapide désactivé, SmartScreen configuré sans possibilité de contournement.

Firefox : les réglages prioritaires

Identifiants et comptes Firefox — désactiver le gestionnaire de mots de passe, la proposition d'enregistrement, les comptes Firefox et l'import de profil.
Fonctionnalités sensibles — désactiver la navigation privée, les outils de développement et l'accès à about:config.
Extensions par liste — autoriser explicitement les extensions validées plutôt que de laisser le choix ouvert.
Hors domaine Windows — un fichier policies.json dans le dossier de distribution permet d'appliquer les mêmes règles sous Linux, macOS, ou sur des postes qui ne sont pas joints au domaine.

Le piège du navigateur non géré

Ces réglages ne s'appliquent qu'aux navigateurs dont les modèles sont effectivement déployés et qui lisent le registre. Un navigateur portable ou simplement non géré (Brave, Opera, Vivaldi...) échappe entièrement au contrôle. Trois mesures, dans l'ordre de ce qu'elles coûtent à mettre en place, referment cette porte : retirer les droits d'administrateur local, restreindre l'exécution des applications avec une liste blanche de répertoires (AppLocker), puis, pour aller plus loin, s'appuyer sur les signatures des éditeurs (WDAC).

La sécurité des navigateurs se pense à l'échelle du poste de travail dans son ensemble, pas réglage par réglage. Une politique de sécurité des postes correctement déployée et supervisée (voir notre offre de supervision et RMM) associée à une protection des points de terminaison (voir notre offre BitDefender GravityZone) couvre bien plus de terrain que le seul durcissement du navigateur. Vous voulez savoir si vos postes sont réellement protégés contre ce type de fuite ? Parlons-en.

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