Un infostealer est un logiciel malveillant qui vole des données sur un poste plutôt que de les chiffrer comme le ferait un ransomware : il collecte et exfiltre en quelques secondes ce qui a de la valeur, puis disparaît. Les navigateurs sont sa cible de choix, parce qu'ils concentrent tout ce qu'un attaquant recherche : mots de passe enregistrés, cookies de session (qui permettent de rejouer une session déjà authentifiée, souvent sans jamais déclencher le MFA), données de saisie automatique, et extensions, en particulier les portefeuilles de cryptomonnaies. Des familles comme Lumma, RedLine, Vidar ou StealC sont diffusées dans un modèle de Malware-as-a-Service, ce qui en démocratise l'usage.
Le scénario de fuite le plus courant
Un collaborateur active la synchronisation de son compte personnel Google, Microsoft ou Mozilla sur son poste professionnel — souvent par simple confort. Ses identifiants professionnels se retrouvent alors synchronisés vers ce compte personnel. Si son ordinateur personnel, non géré par l'entreprise, est infecté, l'infostealer vide le navigateur dans son intégralité, et les identifiants professionnels partent avec le reste — pour être revendus ou directement réutilisés.
Chrome : les réglages prioritaires
Edge : les réglages prioritaires
Firefox : les réglages prioritaires
about:config.Le piège du navigateur non géré
Ces réglages ne s'appliquent qu'aux navigateurs dont les modèles sont effectivement déployés et qui lisent le registre. Un navigateur portable ou simplement non géré (Brave, Opera, Vivaldi...) échappe entièrement au contrôle. Trois mesures, dans l'ordre de ce qu'elles coûtent à mettre en place, referment cette porte : retirer les droits d'administrateur local, restreindre l'exécution des applications avec une liste blanche de répertoires (AppLocker), puis, pour aller plus loin, s'appuyer sur les signatures des éditeurs (WDAC).
La sécurité des navigateurs se pense à l'échelle du poste de travail dans son ensemble, pas réglage par réglage. Une politique de sécurité des postes correctement déployée et supervisée (voir notre offre de supervision et RMM) associée à une protection des points de terminaison (voir notre offre BitDefender GravityZone) couvre bien plus de terrain que le seul durcissement du navigateur. Vous voulez savoir si vos postes sont réellement protégés contre ce type de fuite ? Parlons-en.


